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Droit de la famille

Divorce par consentement mutuel : procédure, coût et délais 2025

Le divorce par consentement mutuel est la procédure la plus rapide et la moins conflictuelle pour mettre fin à un mariage. Découvrez les étapes à suivre, les coûts à prévoir et le rôle essentiel de l'avocat dans cette démarche.

·10 min de lecture

Le divorce par consentement mutuel : la voie amiable pour se séparer

Le divorce par consentement mutuel, également appelé divorce amiable, est la forme de divorce la plus courante en France. Il représente aujourd'hui plus de la moitié des procédures de divorce. Son principal avantage : il permet aux époux de s'entendre sur toutes les conséquences de leur séparation sans passer devant un juge.

Depuis la réforme du 1er janvier 2017, le divorce par consentement mutuel est devenu une procédure essentiellement extrajudiciaire. Concrètement, cela signifie que les époux n'ont plus besoin de comparaître devant le juge aux affaires familiales : la convention de divorce est rédigée par les avocats, signée par les parties, puis déposée chez un notaire qui lui confère force exécutoire.

Cette procédure est particulièrement adaptée aux couples qui parviennent à trouver un accord global sur le partage des biens, la garde des enfants, la pension alimentaire et l'éventuelle prestation compensatoire. Voici tout ce que vous devez savoir pour mener à bien cette démarche.

Les conditions du divorce par consentement mutuel

Pour pouvoir divorcer par consentement mutuel, plusieurs conditions doivent être réunies. Si l'une d'entre elles fait défaut, les époux devront se tourner vers une autre forme de divorce (divorce accepté, divorce pour altération définitive du lien conjugal ou divorce pour faute).

L'accord complet des deux époux

C'est la condition fondamentale : les deux époux doivent être d'accord à la fois sur le principe du divorce et sur toutes ses conséquences. Cela inclut :

  • Le partage des biens communs (immobilier, comptes bancaires, véhicules, mobilier)
  • Le sort du logement familial (vente, attribution à l'un des époux, maintien en indivision temporaire)
  • Les modalités de garde des enfants (résidence habituelle, droit de visite et d'hébergement, garde alternée)
  • Le montant de la pension alimentaire pour les enfants
  • L'éventuelle prestation compensatoire destinée à compenser la disparité de niveau de vie entre les époux
  • La répartition des dettes communes

Si un désaccord persiste sur un seul de ces points, le divorce par consentement mutuel ne pourra pas aboutir. Il faudra alors soit poursuivre les négociations, soit envisager une procédure contentieuse.

La question des enfants mineurs

Le divorce par consentement mutuel est tout à fait possible lorsque le couple a des enfants mineurs. Cependant, la loi prévoit une protection spécifique : chaque enfant mineur capable de discernement doit être informé de son droit à être auditionné par un juge.

Si un enfant demande à exercer ce droit, le divorce ne peut plus se faire par la voie extrajudiciaire. La procédure sera alors portée devant le juge aux affaires familiales(JAF), qui s'assurera que les intérêts de l'enfant sont correctement préservés. En pratique, cette situation reste relativement rare.

Les cas où le consentement mutuel est exclu

Le divorce par consentement mutuel n'est pas possible dans certaines situations :

  • L'un des époux fait l'objet d'une mesure de protection juridique (tutelle, curatelle, sauvegarde de justice)
  • Un enfant mineur demande à être auditionné par le juge
  • L'un des époux est victime de violences conjugales et ne peut librement consentir

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La procédure étape par étape

Depuis la réforme de 2017, la procédure de divorce par consentement mutuel se déroule en dehors du tribunal. Voici les étapes clés à suivre pour mener votre divorce à son terme.

Étape 1 : Le choix des avocats

Chaque époux doit obligatoirement être assisté par son propre avocat. Cette règle, instaurée par la loi du 18 novembre 2016, garantit que les intérêts de chaque partie sont correctement défendus. Un seul avocat ne peut pas représenter les deux époux.

Le choix de l'avocat est libre. Il n'est pas nécessaire que les deux avocats exercent dans le même barreau ou la même ville. L'essentiel est de choisir un professionnel expérimenté en droit de la famille, capable de vous conseiller sur l'ensemble des conséquences du divorce.

Étape 2 : La rédaction de la convention de divorce

La convention de divorceest le document central de la procédure. Rédigée conjointement par les deux avocats, elle règle l'intégralité des conséquences du divorce :

  • L'identité des époux et les informations relatives au mariage
  • Les modalités de partage des biens et des dettes
  • Le sort du logement familial
  • Les dispositions relatives aux enfants (résidence, droit de visite, pension alimentaire)
  • L'éventuelle prestation compensatoire
  • La mention que chaque époux a bénéficié d'un délai de réflexion de 15 jours
  • Les informations relatives au notaire chargé de l'enregistrement

La rédaction de cette convention nécessite souvent plusieurs échanges entre les avocats et leurs clients. C'est généralement la phase la plus longue de la procédure, car elle suppose de parvenir à un accord précis sur chaque point.

Étape 3 : Le délai de réflexion de 15 jours

Une fois le projet de convention finalisé, chaque avocat envoie le document à son client par lettre recommandée avec accusé de réception. À compter de la réception, un délai de réflexion de 15 jours commence à courir. Ce délai est incompressible : il ne peut être ni réduit ni supprimé, même si les deux époux sont pressés de finaliser leur divorce.

Ce délai a pour objectif de permettre à chaque époux de relire la convention à tête reposée et de s'assurer que toutes les dispositions lui conviennent. Pendant cette période, il est possible de demander des modifications. Si des changements substantiels sont apportés, un nouveau délai de 15 jours pourra être nécessaire.

Étape 4 : La signature de la convention

Passé le délai de réflexion, les deux époux et leurs avocats respectifs se réunissent pour signer la convention de divorce. La signature se fait en trois exemplaires originaux : un pour chaque époux et un pour le notaire. Chaque avocat contresigne la convention, attestant ainsi que le consentement de son client est libre et éclairé.

Étape 5 : L'enregistrement chez le notaire

Dans un délai de 7 jourssuivant la signature, l'un des avocats transmet la convention signée au notaire. Celui-ci dispose ensuite de 15 jours pour procéder au dépôt au rang de ses minutes. Ce dépôt confère à la convention date certaine et force exécutoire, ce qui signifie qu'elle a la même valeur qu'un jugement de divorce.

Le notaire ne contrôle pas le contenu de la convention : il vérifie uniquement que les formalités sont respectées (délai de réflexion, présence des mentions obligatoires, contreseing des avocats). Le divorce prend effet à la date du dépôt au rang des minutes du notaire.

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Le coût du divorce par consentement mutuel

Le budget à prévoir pour un divorce par consentement mutuel varie en fonction de la complexité du dossier. Voici les principaux postes de dépenses à anticiper.

Les honoraires d'avocat

Les honoraires d'avocat constituent le poste le plus important. Chaque époux devant avoir son propre avocat, il faut prévoir un budget pour chacun. En moyenne, les honoraires se situent entre :

  • 1 000 à 2 500 eurospar époux pour un dossier simple (pas d'enfant, peu de patrimoine)
  • 2 500 à 4 000 euros par époux pour un dossier plus complexe (enfants, patrimoine immobilier, prestation compensatoire)

Ces montants sont indicatifs et peuvent varier selon le barreau, l'expérience de l'avocat et la complexité du dossier. Certains avocats proposent un forfait, d'autres facturent au temps passé. Il est important de demander un devis détaillé avant de s'engager.

Les frais de notaire

Les frais de notaire pour l'enregistrement de la convention de divorce sont fixés par décret. Ils s'élèvent à 49,44 euros hors taxes(soit environ 59,33 euros TTC). Ce montant est identique quel que soit le notaire choisi.

En revanche, si le divorce implique un partage de biens immobiliers, des frais supplémentaires de notaire s'appliqueront pour l'acte de partage (état liquidatif). Ces frais comprennent les émoluments du notaire, le droit de partage (1,10 % de la valeur nette du patrimoine partagé) et les taxes diverses.

L'aide juridictionnelle

Si vos revenus sont modestes, vous pouvez bénéficier de l'aide juridictionnellepour financer tout ou partie des honoraires de votre avocat. L'aide est accordée sous conditions de ressources :

  • Aide totale : si vos revenus mensuels nets ne dépassent pas environ 1 000 euros (le seuil exact est révisé chaque année)
  • Aide partielle : si vos revenus se situent entre 1 000 et 1 500 euros environ

Pour en bénéficier, vous devez remplir le formulaire Cerfa n° 16146*03 et le déposer auprès du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de votre domicile. L'aide ne couvre pas les frais de notaire ni le droit de partage.

Les délais à prévoir

Le divorce par consentement mutuel est la procédure la plus rapide. Toutefois, les délais varient selon la complexité de la situation et la capacité des époux à s'entendre rapidement.

  • Phase de négociation : de quelques semaines à plusieurs mois selon la complexité du patrimoine et les questions relatives aux enfants. C'est souvent l'étape la plus longue.
  • Rédaction de la convention : 1 à 4 semaines une fois l'accord trouvé entre les époux.
  • Délai de réflexion : 15 jours incompressibles après réception du projet de convention.
  • Signature et envoi au notaire : 7 jours maximum après la signature.
  • Enregistrement par le notaire : 15 jours maximum après réception de la convention.

Au total, lorsque les époux sont d'accord dès le départ, la procédure peut être bouclée en 1 à 3 mois. Dans les cas plus complexes nécessitant de longues négociations, comptez plutôt 3 à 6 mois. À titre de comparaison, un divorce contentieux peut durer 12 à 24 mois, voire davantage en cas d'appel.

Le rôle de l'avocat dans le divorce amiable

L'avocat joue un rôle central dans le divorce par consentement mutuel. Bien plus qu'un simple rédacteur de convention, il est le garant des intérêts de son client tout au long de la procédure.

  • Conseil personnalisé : l'avocat analyse votre situation patrimoniale et familiale et vous informe de vos droits. Il vous aide à déterminer si le consentement mutuel est la voie la plus adaptée à votre situation.
  • Négociation : il négocie avec l'avocat de votre conjoint pour parvenir à un accord équilibré sur le partage des biens, la garde des enfants, la pension alimentaire et la prestation compensatoire.
  • Rédaction de la convention : il rédige ou co-rédige la convention de divorce en veillant à ce que toutes les mentions obligatoires y figurent et que vos intérêts soient préservés.
  • Information sur le droit d'audition : lorsqu'il y a des enfants mineurs, l'avocat s'assure que chaque enfant est informé de son droit à être entendu par un juge.
  • Contreseing de la convention : en contresignant la convention, l'avocat engage sa responsabilité professionnelle et certifie que le consentement de son client est libre et éclairé.
  • Suivi post-divorce : l'avocat peut vous accompagner après le divorce pour toute difficulté d'exécution de la convention (non-paiement de la pension alimentaire, non-respect du droit de visite, etc.).

Choisir un avocat compétent en droit de la famille est essentiel pour garantir que votre divorce se déroule dans les meilleures conditions. N'hésitez pas à comparer plusieurs avocats et à demander un premier rendez-vous pour exposer votre situation.

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Questions fréquentes sur le divorce par consentement mutuel

Combien coûte un divorce par consentement mutuel en 2025 ?

Le coût total d'un divorce par consentement mutuel se situe généralement entre 1 500 et 4 000 euros par époux. Ce montant comprend les honoraires d'avocat (chaque époux doit avoir le sien), les frais de notaire pour l'enregistrement de la convention (environ 50 euros hors taxes) et les éventuels frais d'expertise (partage immobilier, évaluation de biens). L'aide juridictionnelle peut prendre en charge tout ou partie des honoraires d'avocat si vos revenus sont modestes.

Quel est le délai pour divorcer par consentement mutuel ?

Un divorce par consentement mutuel prend en moyenne 1 à 3 moisà compter du moment où les deux époux sont d'accord sur l'ensemble des conditions. Le délai incompressible est de 15 jours de réflexion après la réception du projet de convention par chaque époux, avant la signature définitive. Si le patrimoine est complexe ou si les négociations sont plus longues, la procédure peut s'étendre jusqu'à 6 mois.

Peut-on divorcer par consentement mutuel avec des enfants mineurs ?

Oui, le divorce par consentement mutuel est possible lorsque le couple a des enfants mineurs. Toutefois, chaque enfant capable de discernement doit être informé de son droit à être auditionné par un juge. Si un enfant exerce ce droit, la procédure extrajudiciaire n'est plus possible et le divorce doit être porté devant le juge aux affaires familiales. La convention de divorce devra dans tous les cas prévoir les modalités de garde des enfants et de pension alimentaire.

Faut-il deux avocats pour un divorce par consentement mutuel ?

Oui, depuis la réforme du 1er janvier 2017, chaque époux doit obligatoirement être assisté par son propre avocat. Un seul et même avocat ne peut pas représenter les deux parties. Cette obligation garantit que les intérêts de chacun sont correctement défendus et que le consentement est véritablement libre et éclairé. Le contreseing de chaque avocat sur la convention est une condition de validité du divorce.

Peut-on bénéficier de l'aide juridictionnelle pour un divorce amiable ?

Oui, l'aide juridictionnelle est accessible pour un divorce par consentement mutuel. Elle est accordée sous conditions de ressources et peut couvrir tout ou partie des honoraires d'avocat. Pour en bénéficier, il faut déposer un dossier auprès du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de votre domicile. Attention : l'aide ne couvre pas les frais de notaire ni le droit de partage en cas de liquidation de patrimoine immobilier.